L’édito

« Moi, je dis vivre, c’est la qualité poétique de la vie. C’est sentir quelque chose de poétique qui vous prend, qui est à l’intérieur de nous, qui est à l’extérieur aussi. » écrivait Edgar Morin, philosophe humaniste, infatigable arpenteur des chemins de l’âme et de la vie humaine.
Il écrit également : « Nous avons rencontré l’ennemi, et c’était nous »…

L’ennemi, c’est la pensée cloisonnée, la tête coupée du reste, qui sépare quand il faudrait unir. Unir les cœurs aux savoirs, les êtres aux rêves, la culture à la nature et la flamme des émotions à la lumière de la raison. C’est cette pensée complexe, cette tentative d’échapper à la binarité qui sous-tend le projet que nous portons, ici, au théâtre Jean Vilar.

Dans une société qui glorifie toujours un peu plus la puissance, la vitesse, la compétition et qui s’accommode de petites phrases chocs vides de sens, je défends le droit au doute, au temps long, à la douceur, à la bizarrerie, à la mise en commun et au désaccord joyeux. Avec l’équipe du théâtre, nous développons un projet culturel qui prend soin, répare, accompagne, nourrit et attise les braises de nos mondes poétiques intérieurs.

Les artistes, compagnies ou collectifs programmés cette année portent en eux comme à la scène, le désir brûlant de partager un geste artistique, un regard tendre, drôle ou cruel, sur notre humanité malmenée.
Entre fiction et réel, solos ou grands formats, en salle ou en espace public, en bande, en famille ou en solitaire, venez vivre avec nous cette nouvelle programmation curieuse et généreuse qui entre en résonance autant qu’en résistance…

Bon voyage au fil de la saison !

Laure Gasson, directrice