Olivia Ruiz

Olivia Ruiz

Bouches cousues

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Olivia Ruiz est une artiste protéiforme. Nous l’avons (presque) tous découverte jeune femme débordante d’énergie scénique et malicieuse « femme chocolat ». Mais la môme Ruiz a grandi, et à chaque âge ses préoccupations. Depuis cette année 2006 qui la couronne en tant qu’auteure-compositrice-interprète, elle n’a cessé de multiplier les moyens d’expression. Elle cherche. Elle expérimente. Elle explore. Elle apprend.

Autour des sons qui la lient à cette Espagne mutilée et flamboyante, Bouches cousues est une création originale d’Olivia Ruiz. Derrière l’interprète de La femme chocolat ou plus récemment de Mon corps mon amour se cache une femme délibérément empreinte de ses racines et cherchant à reconnecter les fils arrachés par l’histoire de l’exil.

Un concert comme un voyage poétique sur la thématique dessinée par Olivia dans Bouches cousues : le déracinement et la quête identitaire. « J’ai compris très tôt que savoir d’où je venais deviendrait une question centrale dans mon développement artistique et personnel. La première fois que j’ai chanté en espagnol, mon timbre s’est teinté d’une rugosité propre aux tragédies. Cela s’est imposé si violemment que même l’enfant que j’étais sentit qu’il y avait là quelque chose à creuser. »

« Dans ma famille, on parle (fort) pour ne rien se dire, on ne pleure pas, on ne se plaint pas, on ne crie pas au monde qui on est. On se fait le plus petit possible en dehors de la maison, on ne la ramène pas. Et personne ne s’arme comme étant espagnol. Mais moi, évidemment, il fallait que je la ramène. Cette Espagne « qui poussait un peu sa corne » en moi, m’interpellait au plus haut point. Trois de mes quatre grands-parents étaient nés là- bas et quasiment personne ne revendiquait cette empreinte, à l’exception de mes grandmères, et encore. Ma quête commença à peu près ainsi... »