"L'enfant dans l'encre y est"

"L'enfant dans l'encre y est"

par Marc Verhaverbeke -

"L'enfant dans l'encre y est"

Dominique Richard lit L’enfant cachée dans l’encrier, de Joël Jouanneau. Une mise en espace simple avec, à cour, une sorte d’habitation en bord de mer.

Quelques feuilles au sol, une bougie tantôt allumée, tantôt éteinte. Et le récit de ce garçon Ellj, dont le père, nommé Personne, est toujours en mer puisqu’il est amiral.

J’éviterai les jeux de mots faciles mais je ne peux m’empêcher de les voir venir ; qu’on me permette celui-ci : Personne, c’est sans doute Ulysse, qui voyagea longtemps, mais c’est aussi le père et le fils (son, qui signifie fils en anglais).

Le garçon qui nous raconte son histoire parle de sa profonde solitude que l’écriture va sauver du désespoir. Plutôt que de jeter l’ancre (excusez-moi, il s'impose à moi), il va jeter l’encre sur le visage de ce père absent parce qu’il soupçonne qu’au fond de l’encrier il y a quelqu’un, une soeur, fille du même père.

S’inventer une fratrie par l’écriture, une soeur qu’il ne faudra pas réveiller, cela laisse entrevoir comment on vient à l’écriture, comment l’écriture aide à grandir, à se construire dans l’adversité, la solitude. A égaler son propre père en créant l’autre, un alter ego. Elle est nommée Annj. Le j qui termine les deux prénoms, n’est-ce pas celui de « je », ou du jeu ? L'enfant (masculin ou féminin) dans l'encre y est. Marc Verhaverbeke

 

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